07/05/2006

Le jour où le monde s'est renversé

Concordelafayette_1Réveil soudain. Sensation d’étouffement.
Un truc me pèse sur le dos. C’est mon lit.
Je dors collé au plafond. Un peu d’agitation pour m’extraire du bazar.

Je suis dans ma chambre, mais à l’envers.
Tout est à l’envers. Je me lève. Je marche sur mon plafond.
Etrangement, c’est à peu près rangé.

Un coup d’oeil à la fenêtre.Le ciel, gris, est à la place de la rue.
Cela fait un grand vide nuageux. Assez angoissant.

A place du ciel, c’est la rue. Etrangement calme.
Plus de voitures. Elles ont dû s’envoler.

Sorti de chez moi, je constate que l’escalier n’a plus de marches.
Petit miracle, l’ascenseur semble fonctionner.

Je vais au premier, parler à la concierge.
La porte est ouverte. C’est noir de monde.
Mes voisins, ma coiffeuse et ma boulangère sont là. On dirait des réfugiés.
Ma concierge prépare une soupe dans une grosse marmite. Tout le monde a l’air affamé.

Je demande ce qu’il se passe.
Aucune réponse. Ils discutent tous entre eux.
Ca parle de l’escalier devenu glissant, des portes trop hautes, de la disparition des poubelles et des voitures qu’ils auraient dû attacher. Ca déblatère aussi sur ces privilégiés de Neuilly qui auraient élu domicile au Concorde La Fayette tout proche.

Cela me donne envie d’y faire un tour. Mais pour y aller, petite hésitation. Je ne sais plus si je dois monter ou descendre. Je monte.

Au rez-de-chaussée, arrivé devant la porte d’entrée de l’immeuble, je suis un peu terrorisé à l'idée de sortir. Qu’est-ce qui va m’empêcher de tomber dans le vide ?

La porte s’ouvre d'elle-même. C’est la factrice.
Elle râle, elle-aussi. Elle a eu, semble-t-il, quelques difficultés à composer le code d’entrée avec les boutons inversés.
Elle passe, en me bousculant à moitié, les bras encombrés d’une paire de skis.

Regards sur la rue.

Un réseau de petits ponts en cordage suspendus des deux côtés de l’avenue des Ternes fait office de voie de circulation.
Au loin, j’aperçois des gens qui tombent dans le vide.
En silence.

Etrangement, les panneaux publicitaires fonctionnent encore. Je me dis que si les anti-voitures ont gagné par KO, les anti-pubs ont encore du pain sur la planche. Même si, petite vengeance, les pubs sont affichées à l’envers.

Arrivée rapide au Concorde La Fayette.
Un portier mal rasé m'ouvre la porte puis m’invite à prendre une échelle pour descendre sur le plafond. Une foultitude de gens est assise sur des banquettes. Tout le monde est en grande discution. On dirait un cocktail, sauf que les gens n’ont pas de coupes de champagne, mais des homards à la main.

L'ambiance semble être à la rigolade. Je reconnais Oscar Sisto qui plaisante avec Philippe Séguin et Loic Le Meur.

Au milieu de ces gens endimanchés, j'aperçois mon frère aîné.
Il parle russe au téléphone. Il a l’air de bonne humeur. Il me claque la bise en me disant que le marché de l’immobilier souterrain va exploser. Il est d’ailleurs en train de racheter les catacombes de Denfert pour en faire un complexe immobilier.

Il me propose de déjeuner sur les Champs. En passant par les tunnels du métro. Il ouvre une porte et tombe dans le vide. Personne n’a rien vu.

J’hésite à le suivre lorsque j’entends un grand éclat de rire derrière moi.

26/12/2005

Vacances

Jeromejuillet2003

Premières vraies vacances depuis plus d'un an et dix-septième séjour à Montagenêt.

Je vais enfin pouvoir revoir de vieux amis, refaire le monde autour d'un cognac 1974, boire de la manzana, boire du Dom Périgon, manger du saucisson au foie gras et des truffes, discuter politique, me rouler dans l"herbe, prendre le soleil, respirer, me reconstruire, me détendre, jouer aux fléchettes, piquer une tête dans la piscine, tricher au monopoly, jouer à AOE3, me taper l'intégrale de Woody Allen, embrasser des Périgourdines au nouvel an, enfin voir Nos Meilleures Années, jouer dans les arbres, faire la part des choses entre stoicisme, épicurisme et cynisme, chanter au clair de lune, tester le jacuzzi de José, couper du bois avec une hache, dormir sur la terrasse, me lever tous les jours à 11 heures, jouer avec les chats, regarder Arte, finir les soirées torché sans me prendre les remontrances et des compte-rendus détaillés de quinze personnes le lendemain, déconnecter, inonder les blogs des babichons de commentaires perfides, jouer avec le feu, manger des chataignes avec les doigts, relire Chalamov,  gueuler avec Jo contre les chiens qui aboient de l'autre côté de la route, rire, rire, rire, m'endormir devant un film sur Bourdieu, me faire masser et sophrologiser, écouter Jo me parler de Patrick Dewaere, tout oublier, rire, rire, rire, dormir, dormir, dormir, blogguer, blogguer, blogguer, travailler.

24/12/2005

Ivresse

Girlsandblogskangoo

Y aller.

Se perdre. Trouver finalement. Rencontrer. Parler. Découvrir. Rire. Danser. Revoir. Boire. Parler. Rire. Pleurer de rire. Boire. Danser. Boire. Oublier qu'on boit. Raconter n'importe quoi. Se perdre.

Puis s'en aller.

Et surtout ne s'apercevoir de rien.

"le réel, c'est quand on se cogne." (JL)

07/09/2005

Sony Ericsson se moque de vous

Ambiance brainstorm dans une agence de communication.

-         " ouais, ce nouveau téléphone, il s’adresse aux jeunes

-         ah ouais, les jeunes, ils aiment faire la fête

-         tiens, en plus, c’est un téléphone mp3

-         Il n'y a qu'à organiser une soirée avec un DJ à la mode !

-         Vouais

-         Mouais, en fait, TOUT le monde fait des soirées avec des DJ à la mode

-         Comment va-t-on faire pour faire parler de ce truc pour jeunes ?

-         Bah, il n'y qu'à faire un blog

-         Ah ouais, c'est cool ça.

-         Mais qu'est-ce qu'on va mettre sur ce blog ?

-         (moment d'intense réflexion)

-         Bah, on a qu’à raconter que le DJ a perdu son portable après la soirée.

-         Ouais, mais tout le monde s’en fout que le DJ perde son portable

-         Nan, on dira qu’il avait mis, le con, toutes ses dernières compositions dessus car c’est un téléphone MP3 !

-         Ah ouais, c'est mortel. Le buzzz du tonnerre

-         Et tu penses que tous ces crétins d’internautes vont en parler ?

-         Je pense bien : le mythe de l’œuvre d’art perdue pour peut-être à jamais, ça marche depuis l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie. Ils vont faire pêter les coms sur leurs blogs

-         OK, brillante idée. Adjugé, vendu."

Bon, manque de bol sur le blug en question, certains détails clochent :

. un nom de domaine : Wolf8000 très commercial : la contraction très subtile et très créative entre le nom du DJ et celui du mobile : c’est donc un blog de marque à vocation promotionnelle

. un graphisme très léché qu’il faut plusieurs jours à réaliser : pas le genre de truc que tu fais lorsque tu as perdu tout un travail de création.

. surtout un nom de domaine déposé le 22 août et un premier post au lendemain d’une vraie soirée le 2 septembre : le DJ savait donc qu’il allait perdre son portable

. des photos du DJ hyper souriant en latin lover qui illustrent le post sur la perte du portable: pas le genre de photos qu'il est d'usage de mettre lorsqu'on est en situation de désarroi.

. un système de commentaires bizarre : apparents dès la page d'accueil et puis des commentaires apparemment modérés.

. cerise sur le gâteau : un texte « complice » de publi-reportage sur MTV.fr qui fleure bien le faux buzz :

--

Laurent Wolf a besoin de vous !

A l'occasion de l'inauguration du club 287, Laurent Wolf a perdu son téléphone portable dernier cri, et avec toutes ses dernières compositions, dont son futur single, stockés dessus.

Si vous souhaitez aider le DJ à remettre la main sur ses heures de travail, rendez-vous sur son blog, créé pour l'occasion. Et pour vous encourager, Laurent Wolf vous offre son tube About That au format mp3.

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Bon, je vais me coucher. Il est parfois difficile de faire partie de la grande corporation des publicitaires.

Pour aller plus loin, je vous invite à relire ce vieux post : le fake est-il soluble dans la blogosphère que j'avais écrit à l'époque de l'affaire Vichy.

via Stef

   

19/08/2005

10 (excellents) conseils pour briller dans la blogobulle

1. Mentez. Mentez tout le temps. Personne ne prend vraiment le temps de vérifier les infos : les véritables experts ont des choses bien plus importantes à faire que lire votre blog.

2. Postez seulement des informations savamment calculées : ce n’est pas que vous êtes sur Internet que vous devez passer un con.

3. La langue de bois est une chose universellement comprise et partagée par tous. On ne vous aimera pas, mais vous passerez pour quelqu’un d’intelligent et de calculateur.

4. Si vous vous trompez, n’avouez jamais votre erreur. Après tout, la vérité est un concept très relatif.

5. Inventez-vous un personnage et une histoire hors du commun.  Evitez les choses trop personnelles : on ne vous a jamais dit que vous étiez chiant dans la vraie vie ?

6. Ne répondez jamais aux commentaires. Surtout les critiques. Au besoin, supprimez-les et insultez leur auteur. Vous trouverez toujours un benêt pour prendre votre défense.

7. Si vous êtes critiqués sur un autre blog, ne répondez jamais : cela prouvera votre bonne foi.

8. Ne citez jamais vos sources. A force, on finira par croire que vous êtes la source unique de l'ensemble de vos informations.

9. Dès que vous êtes en possession d’une info confidentielle ou  sensible, n’hésitez pas à la publier : au moins, ça fera parler de vous.

10. C’est celui qui parle le plus qui a raison. Rarement l’inverse.

04/08/2005

Sac de noeuds

SacdenoeudsLa période estivale finit par abîmer les esprits les plus clairvoyants et transforme la blogobulle en un terrain de jeux aussi inutiles que rigolos.

Dernier exemple en date : Patrick qui nous propose de nous nouer les uns les autres.

L'utilité ? Aucune. Juste induire en erreur les spiders des outils de recherche qui parcourent inlassablement et - bêtement - le oueb.

Pour jouer et créer un peu de chaos : mettez un commentaire ou un trackback sous ce post ou chez Patrick, je vous rajouterai en lien sur mon blug...

Nota : l'objectif de Patrick est de 50 liens. Etant donné ma très modeste audience, je me contenterais de 10 liens.

[Edit] Merci aux 11 généreux participants pour ce petit noeud sans finalité :

Romain

François G

Olivier

Florence

David

Nassim

Raphael

Sandra

Delphine

Grégory

Patrice

[Edit 2]

Retard oblige, juste le temps au pot de vendredi d'échanger quelques mots avec Patrick, Julien ou Raphael.

Ravi d'avoirrevu Adrien et Nassim et de pouvoir enfin mettre un visage derrière Florence [blogs secrets mais commentaires nombreux] et Nicolas.

03/07/2005

Révolution de palais

Stan_smithA l'instar du corsage plissé de Marilyn Monroe, des lunettes noires de Greta Garbo ou plus récemment de la blonditude de Paris Hilton, l'ami José exhibe, depuis plus de 20 ans, été comme hiver, en costard comme en short, en compagnie des plus hautes sommités de ce monde comme avec ses ouvriers, une spendide paire de Stan Smith.

C'est une coquetterie fétichiste et personnelle, un signe de ralliement pour ceux qui le connaissent, une signature personnelle comme Zorro avec son Z ou Chirac avec ses mises en examen.

Pourtant ce week-end, révolution. José a remisé ses Stan Smith au profit d'une simple paire d'espadrilles. Noires de surcroît.

Un signe politique majeur à la veille du prochain G8 ?

Au-delà des symboles, il faut avouer qu'il faisait vraiment très chaud...

09/06/2005

A contre pied

Pouicbarcelone Dame Pouic n'aime plus ses pieds.

Faut-il envisager un léger reciselage ?

Une sublimation par l'ajout de talonnettes ?

Un camouflage avec de faux pieds ?

Le débat fait débat.

20/05/2005

Un soir à Bastille

RulesofattractionDemande à Kangoo de m’accompagner. Peur de ne connaître personne sans doute. Arrivage. Echangisme de mots avec un ancien camarade de kebab. Rassuré. Je connais au moins une personne. Croise le sosie de Georges Marchais. Bonne bouille. Salut à l'organisateur, occupé avec une foule de gens. Je ne me rappelais plus qu’il était si grand. Bouscule Stéphanie maladroitement au bar. Chryde me rejoint puis Tariq. Arrivage de Loic en star, avec l’inévitable chemise à rayures. Il fait chaud. Je n’entends déjà plus le jazz saturé. Plus de billets dans la poche. Pour pouvoir régler par carte, je prends et j’enfile les caipirinhas deux par deux. Discutage avec Romain et un mec d’open BC. Racontage de ragots sur des connaissances communes. Au bar, une inconnue m’accoste. Sortage de banalités sur la blogomachinchose puis évacuation en douceur. Loic me demande si je pars. Non. Banalités d'usage sur le boulot au début. Puis partage en live. Surtout de mon côté. Chryde et Loic s’amusent à de faux podcasts avec l'iPod du plus gadgetomane des deux. Monsieur Blogothèque, aussi torché que moi, gueule « Embruns est un petit p... » devant un LLM ravi. Kangoo en bon paparazzi immortalise la scène. Salut à monsieur « un truc dans ta bouche ». Je n’y vois déjà plus très clair. Passage au bar. Un mot à Rodriguo. Théorisation de Chryde sur les Lemeuriens au principal intéressé mort de rire. Serrage de pince à une miss élue de la République en tenue léopard puis avouage au dark planneur accompagné de son jeune Robin de mon mépris des planneurs. Mais qu’ il n’y est pour rien. Croisage de Thibault et de sa copine. Tite discussion puis rentrage at home.

-

Cette version de l'histoire est évidemment une pure fiction.

30/04/2005

A une skyblogueuse égarée

110746578 Je sais, c'est facile.

Mais depuis que MrFab et Kangoo m'ont linké, je dois plaire à tous les publics.

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